Artisan tailleur, le père de Michèle Cirès Brigand avait établi son atelier à domicile.

La traversée quotidienne de ce lieu insolite a sans doute eu un caractère initiatique pour l’artiste ; car dans l’espace de travail qu’elle s’est à son tour aménagé chez elle, il est beaucoup question de couture, de liens invisibles, de tissus reprisés dans l’affectif.

Comme un fil courant de la face visible à la face cachée, MCB (initiales devenues marque de fabrication) alterne les recherches en extérieur et la «confection» dans l’atelier.

Dehors, l’artiste interroge, écoute et recueille avec patience des morceaux d’existences,

des portions d’activités passées dont on aimerait qu’elles servent encore, ne serait-ce pour leur poésie. Revenue à domicile, MCB s’en inspire pour composer des œuvres - photographies, dessins, estampes, ex-voto ou collages, souvent disposés en polyptyques. La série « Grégoria » part d’un de ces témoignages ténus : une photographie retrouvée de sa grand-mère, sans doute lingère à Lourdes. L’aïeule déjà âgée pose dans la rue, son tablier encore humide autour des hanches. Comme pour étoffer ce fragile souvenir, l’artiste s’est mise en quête d’histoires de tabliers en suivant le maillage d’un réseau d’amis à Vincennes. Derrière l’étoffe protectrice, elle découvre des savoirs enfouis, des rituels, des souvenirs à

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